Loup et les Sorboristes

Il ne pouvait pas se permettre d’échouer. Pressant la porte du bout des doigts, il franchit le seuil sombre.

Sa vision s’adapta avec lenteur au changement d’obscurité. Il distingua l’antre du navire, presque habitée par le démon. Un feu éclairait des étagères surchargées sous le poids d’artefacts et de fleurs fanées. Des pages pendaient entre les rayonnages, croquis étranges suspendus à des cordes de part et d’autre des gondoles. Bocaux runiques, champignons luminescents, élixirs, bouteilles au liquide ambré, plumes, remèdes aux herbes… Loup descendit un escalier étroit en retenant son souffle. Au fond de la caverne — comment qualifier autrement une telle abondance de merveilles ? —, un grand tapis étendu au sol accueillait un canapé et ses fauteuils de cuir. Un vieil âtre à la tuyauterie cuivrée brûlait derrière eux.

Le jeune mage frissonna en s’approchant du comptoir. Il n’entendait plus ni l’océan, ni le craquement feutré du bois, ni le lent heurt de l’embarcation contre son point d’accroche. Quelqu’un, ou quelque chose, avait éteint le bruit venu de l’extérieur. Sur la volige, une unique sonnette appelait le chaland à tenter le diable. Loup avala sa salive et effleura la cloche. Elle émit un tintement clair en brisant le silence de la longue boutique.

« Je suis occupée pour l’instant. Adressez-vous aux hiboux ! »

Bienvenue à toutes les plumes dans ce nouveau roman. Je travaille sur ce projet de fantasy depuis quatre ans. C’est le plus récent dans la lignée de mes textes.

  • Cette histoire est à lire si vous aimez : l’ambivalence des émotions, les personnages un peu cassés, les créatures de fantasy, la mer, la guérison douce-amère, la jungle et les alchimistes.
  • Vous n’y trouverez pas : de théorèmes sur l’utilité des vis à tête hexagonale.

Quatrième de couverture

Loup fait fleurir. Le Magistère considère son pouvoir ridicule, mais le jeune mage intègre leurs rangs. Il l’a promis à Florian, son meilleur ami, un garçon-renard ayant contracté la disparie. Cette maladie troue peu à peu son corps. La magie lui est interdite.

Pour appuyer Loup, il n’y a que son mentor, Jath. Ils luttent ensemble contre l’utilisation abusive des créatures par le Magistère. Les mages stabilisent leurs pouvoirs en se liant à elles, sauf que les créatures causent de nombreux accidents mortels. Loup a vu son père brûler à cause d’un phénix.

Le plan de Jath consiste à trouver une autre source de pouvoir pour les mages. Il charge Loup de rencontrer une Sorboriste, créatrice d’objets ensorcelés. Helvet accepte de considérer une alliance quand une Wyverne les attaque.

Loup parviendra-t-il à naviguer entre sa phobie des flammes et des créatures, son désir de faire ses preuves, et le traumatisme qui le hante encore ?

Note d’intention

Cette histoire évoque le deuil, dans toute sa tragédie jusqu’à la résilience. Parfois, un grand pouvoir n’est pas nécessaire. Tout ce qu’il est possible d’offrir est une forme de compréhension.

J’y raconte le chemin de Loup vers l’acceptation de la colère et de la souffrance. Il doit pour cela se détacher de son mentor, Jath. Comme quoi les adultes, même et surtout ceux qu’on admire, ne détiennent pas toujours la solution.

Pour en lire un peu plus…

Loup et les Sorboristes – lecture sur Plume d’Argent

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Bonne lecture !